Lorsque je suis partie en Indonésie, je ne m’attendais à rien. Une amie m’avait dit qu’elle me voyait troooop aller là-bas, j’avais lu “Mange, prie, aime” et le pays m’avait l’air sans trop de dangers pour une femme seule. Je suis donc partie avec mon sac à dos sans savoir ce que j’allais y faire ou y découvrir. Je préférais improviser sur place, en me fiant à mes ressentis car j’avais 2 mois devant moi…
SORTIR DES SENTIERS BATTUS
En voyage, ce que j’aime c’est découvrir les paysages, les gens, la culture locale et la nourriture.
Sur l’île de Java, j’ai souhaité m’éloigner d’une ville en allant dans un lieu plus reculé en montagne. En revenant par le bus local, seule touriste à bord, j’étais assez remarquée.
elle…
C’est là, qu’une jeune femme, Sebti, s’est assise à côté de moi et a commencé à me parler, à me poser des questions sur d’où je venais et où j’allais…
Finalement, après 20 minutes d’échanges, elle m’a proposé de m’accueillir chez elle.
LA RICHESSE D’UNE CULTURE
Elle vivait chez ses parents avec ses 2 enfants. Ses parents ne parlaient pas anglais donc nous avons communiqué comme nous pouvions : avec les yeux, les sourires, les gestes, le cœur et google traduction parfois. 🙂.
Elle m’a présentée à un ami à elle, Eko, prof d’anglais.



Sebti et Eko ont été mes guides et sont devenus mes amis.
Ils m’ont fait découvrir leur région, leur culture, leurs plats locaux, leur vie. Ils m’interrogeaient aussi pour en savoir plus sur la France, nos différences. Nous avons beaucoup rigolé. J’ai appris un peu d’indonésien et eux un peu de français. Ils étaient tous très curieux de découvrir une autre culture. Ils souhaitaient s’enrichir de nos échanges et parler anglais. Nous avons partagé des moments forts, avec des discussions profondes sur le sens de la vie. Ils m’ont tous accueillie comme si j’étais de la famille.
Comme une représentante française à l’étranger, j’étais l’attraction dès que nous sortions. Un rôle pas toujours facile à assumer quand on n’aime pas attirer l’attention. J’ai eu le sentiment de vivre comme dans l’émission “Rendez-vous en terre inconnue” mais sans les caméras, seule, sans touristes ou occidentaux. J’ai été dans des écoles maternelles, primaires, collèges pour donner envie aux élèves d’apprendre l’anglais. Les gens demandaient à se prendre en photo avec moi.

J’ai découvert un mix entre cultures et traditions indonésiennes, javanaises, et musulmanes avec les technologies que l’on connaît.
LE MASSAGE DANS LE QUOTIDIEN

Dans leur village, en nous baladant dans la rue, j’ai été surprise de voir un trottoir matérialisé par des bandes de réflexologie plantaire…
Accessible à tous, un petit panneau expliquait les différents points.
C’était la période du ramadan pour eux, pourtant j’ai énormément mangé, au point d’en tomber malade. C’est là que j’ai eu mon 1er massage…dans le dos, avec une pièce de monnaie en cuivre !!!! C’était pour faire partir la fièvre et elle est partie en 1h.
Le massage semblait assez présent dans leurs quotidiens.
A plusieurs reprises, j’ai vu Sebti masser ses enfants, pendant qu’elle regardait la télé ou que nous parlions, en toute simplicité. .
Sebti et sa mère m’ont emmenée chez leur voisine non voyante, pour un massage. Pendant que je me faisais masser, les 3 femmes papotaient entre elles, rigolaient, assises autour de moi. On était bien loin du luxe ou du caractère précieux, exceptionnel que nous pouvons associer aux massages chez nous.
Instant simple de bien-être, entre femmes. Pas de chichi ou de luxe, j’étais sur un tapis à même le sol. Et je me souviens qu’elles étaient surprises de toutes les tensions et raideurs que je pouvais avoir dans le corps…
Eko, quant à lui, me semblait être un grand sage. Dans nos échanges, j’ai entendu ses influences entre la médecine traditionnelle chinoise, la culture javanaise, le karaté, le Feng shui, etc. Il prenait grand soin de son corps. Il me disait qu’il ne fallait pas manger jusqu’à avoir la sensation de satiété car ça endormait. Il dormait assis, allongé sur ses avant-bras, des positions improbables pour nous, pour préserver sa colonne vertébrale, il s’étirait tout le temps. Il avait une grande souplesse. Il avait aussi une grande stabilité dans ses émotions.
L’INFLUENCE AUJOURD’HUI DANS MA PRATIQUE
Expérimenter leur mode de vie, beaucoup moins stressé, plus simple, est une source d’inspiration. J’ai énormément appris à leur contact, sur moi et sur les autres.
J’ai réalisé à quel point nous nous sommes déconnectés du toucher, de nos corps. L’Histoire, la religion, peu importe les raisons, le constat est là : notre intellect a pris toute la place, nos corps sont délaissés, nous nous en occupons quand nous sommes malades ou que nous avons mal. Or, l’un ne va pas sans l’autre.
Le toucher est vital de la naissance jusqu’à la mort. Un bébé a besoin d’être touché dès sa naissance sinon il se laisse mourir. Le parallèle peut être fait pour les personnes âgées qui se retrouvent isolées. Un autre article en parlera bientôt.
Il paraît donc logique qu’en évacuant les tensions physiques et émotionnelles au fur et à mesure, le corps est allégé, plus dynamique, avec plus d’énergie. Et pas d’inquiétude, notre tête aussi se portera mieux, elle sera allégée et nos idées seront plus claires. L’ensemble fonctionnera mieux.
En pratique, pour le corps, ça passe par le sport, l’activité physique, les massages, etc.. et pour la tête, ce sera la méditation, la respiration, etc.
Ce n’est peut être que ma généralité mais ça me semble faire tellement sens.
Le massage est un formidable outil pour se maintenir en forme, sans attendre le moment exceptionnel, il s’agit de prendre soin de notre santé dans notre quotidien.
J’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont donné une définition généreuse de l’humanité quand j’en avais besoin. Sans le savoir, ils m’ont appris tellement de choses que je leur en suis infiniment reconnaissante. Je retiens tout le respect, les sourires, la gentillesse, la générosité et la chaleur humaine. Ils m’ont énormément donné alors qu’ils n’avaient pas forcément beaucoup.
Nous sommes toujours en contact et ils sont dans mon cœur pour toujours.

